Site bouddhiste Sanchi
Sanchi situé dans l’état du Madhya Pradesh au centre de l’Inde.
C’est un ensemble de monuments bouddhistes datant principalement du IIIe siècle av. J.-C. au XIIe siècle. Un site découvert par Alexander Cunningham au 19e siècle.
Il est célèbre pour ses stupas, notamment le Grand Stupa construit sous l’empereur Ashoka, et représente un exemple remarquable de l’architecture bouddhiste ancienne.
Avant l’émergence de l’art gréco-bouddhique, la représentation de Bouddha se faisait principalement de manière aniconique, signifiant qu’il n’était pas présenté sous forme humaine, les symboles comme l’arbre Bodhi, la roue du dharma, les empreintes de pas et le trône vide servaient à évoquer sa présence et ses enseignements.
Ces représentations avaient pour but d’exprimer l’essence spirituelle de Bouddha sans recours à une image physique, reflétant une période où l’anthropomorphisme n’était pas courant.
Environ un siècle plus tard, certains bas-reliefs plus descriptifs ont été ajoutés sur les piliers verticaux aux quatre points d’entrée, et parfois superposées sur les précédents, qui montrent clairement l’évolution du Bouddhisme au cours de la période intermédiaire. Cette fois, les reliefs sont beaucoup plus bouddhistes dans leur caractère, et sont contemporains avec les reliefs des toranas du Grand Stupa de Sanchi.
Certains motifs renvoient à des scènes d’origine centre-asiatique, rappelant l’art perse ou parthe, ou évoquant l’iconographie d’Héraclès, notamment des scènes de combats contre des lions, et dont les costumes ne sont pas caractéristiques des costumes indiens traditionnels : port de bottes, tuniques couvrant l’ensemble du corps, tête non couverte du turban indien. Ces costumes seraient plutôt caractéristiques des populations Saka du nord-ouest.
L’art gréco-bouddhique du Gandhara efface la représentation aniconique. Il est le résultat d’une rencontre unique entre les cultures grecque et bouddhiste, survenue après les conquêtes d’Alexandre le Grand et l’établissement de royaumes hellénistiques en Asie centrale. Cette fusion a donné naissance à un style artistique distinct, caractérisé par des sculptures et des reliefs qui combinent des éléments stylistiques grecs, comme les drapés et la représentation réaliste des figures humaines, avec des thèmes bouddhistes.
Ce style a eu une influence durable sur l’art bouddhique dans toute l’Asie, contribuant à la diffusion de l’iconographie du Bouddha sous forme humaine dans de nombreuses cultures bouddhistes.